Ce guide approfondit les opérations courantes d'administration d'une appliance Caelum. Il complète le guide d'administration (qui décrit chaque écran) en se concentrant sur le « comment faire » des tâches les plus fréquentes, de bout en bout. Les notions de base (volume, partage, cible S3, tiering, snapshot) sont expliquées dans la présentation produit.
Créer et gérer volumes et partages#
Créer un volume#
Un volume regroupe des partages qui partagent les mêmes règles (quota, snapshots, cible S3 par défaut). Pour en créer un :
- Allez dans Volumes → New Volume.
- Donnez un nom (minuscules, chiffres, tiret, underscore — il sert de nom de dataset interne).
- Définissez un quota (en GiB) ou laissez vide pour autoriser tout le pool.
- Choisissez le pool cible (primaire par défaut, ou un pool additionnel).
- Optionnel : choisissez une destination cloud par défaut et une rétention S3 (durée de conservation des objets après suppression côté partage).
- Activez les Versions précédentes (Windows) si vous voulez exposer les snapshots en « Versions précédentes » (voir la procédure dédiée plus bas).
Bonne pratique : un volume par équipe ou par projet, ce qui permet d'appliquer des quotas et des politiques de snapshots distincts.
Créer un partage#
- Depuis la carte d'un volume (vue Volumes), cliquez sur Add Share.
- Donnez un nom : il devient le chemin d'accès SMB
\\<appliance>\<nom>. - Choisissez les protocoles servis : SMB et/ou NFS, avec option lecture seule.
- Restreignez l'accès si besoin :
- SMB : liste de groupes/utilisateurs autorisés (Active Directory ou LDAP). Laissé vide, le partage est servi aux comptes locaux ; si l'appliance est jointe à un domaine, l'ensemble des utilisateurs du domaine y a accès par défaut.
- NFS : liste d'adresses IP / CIDR autorisées.
- Optionnel : quota disque propre au partage, cible S3 et rétention spécifiques.
Le partage apparaît ensuite dans la liste avec son chemin, son nombre de fichiers et ses volumétries (taille apparente, taille réelle sur disque, et gain obtenu par l'archivage).
Gérer un partage existant#
Cliquez sur une ligne de la liste des partages pour ouvrir son détail. Les onglets disponibles :
- Info : configuration et statistiques (fichiers, stubs, dernier scan).
- Explorer : parcourir l'arborescence.
- HSM / Tiering : état de l'archivage du partage (lecture seule ; l'archivage se pilote via les politiques d'archivage).
- Snapshots : snapshots du volume parent.
- Activity : activité récente.
- Quotas : limites disque.
Le partage expose aussi des options SMB avancées (entreprise / AD) : ACL NTFS, Journal d'accès (SIEM), Chiffrement SMB3 forcé et Fichiers hors connexion (cache client CSC : Désactivé / Manuel / Documents / Programmes). La suppression d'un partage propose de supprimer les données et les copies S3, et ferme les sessions SMB actives.
Pour modifier les protocoles, accès ou quotas, utilisez le bouton d'édition du partage. Les changements d'accès SMB/NFS prennent effet sans interruption des sessions en cours.
Stockage avancé : pools, iSCSI et réseaux à rôle#
Ajouter un pool de stockage additionnel#
Au-delà du pool primaire (galilopool, monté sous /galilo/data), vous
pouvez créer des pools additionnels (montés sous /galilo/pools/<nom>) pour
placer certains volumes sur un stockage distinct.
- Allez dans Pools de stockage → Créer un pool.
- Donnez un nom, sélectionnez les disques, puis un niveau de protection : Simple, Miroir, RAIDZ1, RAIDZ2 ou RAIDZ3.
- Validez le récapitulatif. À la création d'un volume, choisissez ensuite ce pool comme cible.
Vous pouvez aussi importer un pool exporté. Pour remplacer un disque, sélectionnez le disque défaillant et le disque neuf : la reconstruction (resilver) est sans interruption.
En v1, les pools additionnels sont hors haute disponibilité (standalone) : ils ne suivent pas un failover HA. L'interface vous en avertit.
Attacher une LUN iSCSI#
Pour utiliser une LUN d'une baie distante (ex. Synology) comme disque de pool :
- Allez dans Stockage → Cibles iSCSI.
- Saisissez le portail (
IPouIP:port,3260par défaut) et cliquez sur Découvrir. - Renseignez, si nécessaire, une authentification CHAP (le secret est en écriture seule).
- Cliquez sur Connecter : la LUN apparaît comme un disque pour créer ou étendre un pool.
La déconnexion est refusée si la LUN appartient à un pool importé. Le
Multipath (MPIO) se configure dans l'interface (édition de
/etc/multipath.conf), sans SSH.
Assigner des réseaux à rôle#
Pour dédier des cartes réseau à des usages (Système → Réseau → Réseaux à rôle) :
- Assignez chaque carte à un rôle : Management (UI/SSH), Données (SMB/NFS), Cluster (heartbeat HA), Réplication, Cloud/S3 ou Stockage iSCSI. Des presets Tout-en-un / Réseaux séparés sont proposés.
- L'assignation câble automatiquement le bind des services et la VIP HA.
- Pour une configuration avancée (LACP 802.3ad, VLAN 802.1Q), utilisez le bouton « Tester 60 s (rollback auto) » : la config est appliquée puis restaurée seule si vous ne confirmez pas (anti-lockout).
Si l'IP de management venait à disparaître, l'écoute se rouvre automatiquement sur tous les réseaux pour garder l'appliance joignable (bandeau + bouton « Rétablir l'isolation »).
Configurer une destination cloud et l'archivage#
Déclarer une destination cloud#
- Allez dans Destinations cloud → Ajouter une destination.
- Renseignez :
- Nom : libellé.
- Adresse du serveur (hôte sans schéma, ex.
s3.eu-west-3.amazonaws.com) et port. - HTTPS et vérification du certificat TLS : à laisser activés en production (ne désactivez la vérification qu'en lab).
- Identifiant / Clé secrète : le secret n'est jamais réaffiché après enregistrement.
- Région et Bucket : le bucket doit exister (il peut être créé/choisi depuis l'interface).
- Coût (€/Go/mois) : utilisé par la vue Coûts pour estimer vos économies.
- Enregistrez. La destination devient sélectionnable comme destination par défaut d'un volume ou d'un partage, et dans les politiques d'archivage.
Vérifiez que les identifiants ont le droit de lire/écrire/supprimer dans le bucket. Une destination mal configurée se traduit par des opérations d'archivage en échec (voir le dépannage).
Créer une politique d'archivage#
L'archivage se pilote depuis la vue Politiques d'archivage (qui fusionne les anciennes « Règles » et « Tâches »). Une politique est une tâche nommée et réutilisable = filtre + action + destination + planning + portée.
- Ouvrez Politiques d'archivage → assistant « Archiver vers le cloud ».
- Quoi : critères d'éligibilité des fichiers (âge, taille…).
- Où : la destination cloud.
- Quand : planning quotidien / hebdomadaire / mensuel.
- Portée : globale, par volume ou par partage (les portées se cumulent, avec déduplication par destination). Validez les garde-fous.
Le premier passage d'une tâche neuve est forcé en simulation (dry-run) : Caelum affiche ce qui serait archivé, à valider avant le premier run réel.
Une fois archivé, un fichier devient un stub (fichier hors-ligne) : il reste visible et cliquable, marqué hors-ligne sous Windows (badge nuage), mais n'occupe quasiment plus d'espace local. À son ouverture, Caelum le rapatrie depuis le cloud, de façon transparente. Un fichier rapatrié redevenu froid peut être réarchivé. Pour les gros médias, un streaming partiel via SMB permet de lire un stub sans tout rapatrier (bouton « ▶ Lire » dans l'explorateur).
Le streaming partiel s'applique en SMB. En NFS, l'ouverture d'un stub déclenche un rapatriement complet — préférez SMB pour les gros fichiers archivés.
L'onglet HSM / Tiering du détail d'un partage est en lecture seule : l'archivage se déclenche via les politiques et le clic droit dans l'Explorateur.
Mode « Cache S3 » (NAS adossé au cloud)#
Certains partages peuvent fonctionner en mode Cache S3 : la source de vérité est le bucket S3, et l'appliance n'en garde localement qu'un tampon des fichiers récemment utilisés (délai de grâce avant éviction et plafond d'occupation). C'est le mode adapté quand vos données vivent déjà dans le cloud objet et que vous voulez y donner un accès SMB/NFS rapide sans tout rapatrier. Activez l'option au niveau du partage et associez la destination cloud correspondante.
Snapshots et « Versions précédentes »#
Planifier des snapshots#
- Allez dans Snapshots → Nouveau.
- Choisissez le volume/dataset cible.
- Définissez la fréquence (horaire, quotidienne…), le nombre de snapshots conservés (rotation automatique) et l'option Récursif (inclut les datasets enfants).
- Activez Windows Previous Versions compatible pour que les snapshots apparaissent côté Windows.
Un snapshot du volume couvre tous ses partages. Il est quasi instantané et n'occupe que l'espace des modifications postérieures.
Activer les « Versions précédentes » (une seule case)#
L'exposition Windows des versions antérieures se gère par un unique interrupteur — sur un volume ou un partage :
- Ouvrez le volume (ou le partage) et activez « Activer les Versions précédentes ».
- Caelum provisionne toute la chaîne (exposition Samba + planification de snapshots auto-gérée). Rien d'autre à configurer.
- Optionnel : dépliez les options avancées pour ajuster la fréquence (horaire / quotidien / hebdo) et le nombre de snapshots conservés (défaut 24).
Désactiver la case nettoie la configuration. Un garde-fou d'incohérence signale une chaîne incomplète, avec un correctif en un clic.
La planification cible toujours le dataset du volume parent (un partage est un sous-dossier). L'activer sur un partage protège donc son volume.
Restaurer via « Versions précédentes »#
Une fois l'option active, un utilisateur Windows peut, depuis l'Explorateur :
- Clic droit sur un fichier ou un dossier → Propriétés.
- Onglet Versions précédentes.
- Sélectionner une version antérieure et la restaurer ou l'ouvrir.
Côté administrateur, les snapshots se gèrent et se restaurent depuis la vue Instantanés.
Réplication et reprise d'activité (PRA)#
La réplication copie vos volumes vers une seconde appliance Caelum (site distant), pour la reprise d'activité. Les envois sont incrémentaux (seuls les changements transitent) et se font par volume. Le détail complet (appairage, fréquences, mode continu, fidélité ACL) est dans le guide de réplication.
Mettre en place une cible de réplication#
- Allez dans Réplication → Nouvelle cible.
- Renseignez le nom, l'adresse (IP ou DNS) de l'appliance distante, l'utilisateur SSH et le port.
- Cliquez sur Tester & détecter : l'appliance vérifie la connectivité et propose l'appairage (autorisation de la clé SSH via une session admin HTTPS 443, sans stocker de mot de passe).
- Optionnel : compression réseau (utile sur lien WAN lent) et IP source forcée si vous disposez d'un réseau de réplication dédié.
- Créez un job par volume à répliquer, avec sa fréquence (de 15 min à hebdomadaire, ou mode Continu ~15 s / RPO temps réel).
Tester un réplica (« Vérifier le réplica »)#
Côté destination, les datasets reçus apparaissent dans « Réplications entrantes ». L'action « Vérifier le réplica » (ex-« Monter en PRA ») clone le dernier snapshot en lecture seule, rattaché à un volume PRA dédié, pour vérifier l'intégrité des données sans perturber le flux. « Monter en PRA » recrée ensuite les vrais partages ; « Arrêter le test » détruit le clone.
Basculer en reprise d'activité (HA — Option A)#
Quand la réplication est intégrée à la haute disponibilité en mode réplication (« Option A »), la bascule se fait d'un geste, depuis l'onglet Haute disponibilité :
- Vérifiez que la dernière réplication reçue est récente (RPO acceptable).
- Cliquez sur « Basculer (failover) » et confirmez les acquittements.
- Le nœud secondaire est promu Primaire : ses volumes passent en lecture-écriture, les partages sont servis et la réplication s'inverse automatiquement vers l'ancien primaire.
En mode réplication, le secret des destinations cloud n'est pas répliqué (par conception, pour ne jamais le faire transiter). Après une bascule, vous devez ressaisir le secret S3 sur le nœud promu, sinon l'archivage et le Cache S3 restent bloqués. De plus, pour que l'authentification des comptes AD fonctionne après bascule, les deux nœuds doivent être joints au domaine.
La bascule en mode réplication est manuelle, le RPO = intervalle de réplication, et un split-brain est possible sans fencing. Le RPO nul et la bascule automatique transparente ne concernent que le mode stockage partagé (voir ci-dessous). Documentez et testez votre procédure PRA à froid, hors production.
Jonction Active Directory / LDAP#
Pour authentifier les utilisateurs SMB avec les comptes de l'entreprise.
Joindre un domaine Active Directory#
- Vue Domaine (ou Système → Comptes utilisateurs (SMB)).
- Renseignez le Realm (ex.
CORP.EXAMPLE.COM), un compte administrateur du domaine et son mot de passe (utilisé uniquement pour la jointure, non stocké en clair), et optionnellement le contrôleur de domaine. - Cliquez sur Join.
Une fois joint, les utilisateurs et groupes AD deviennent listables et utilisables dans la restriction d'accès des partages. Pour quitter le domaine, utilisez Leave the domain (opération qui retire le compte machine ; les accès basés sur l'AD cesseront de se résoudre).
LDAP (sans Active Directory)#
Deux options, dans Système → Comptes utilisateurs (SMB) :
- LDAP local embarqué : un annuaire interne à l'appliance pour gérer des utilisateurs SMB sans infrastructure externe.
- LDAP externe : connexion à un annuaire existant (OpenLDAP, 389DS, FreeIPA…). Renseignez Host, Port, Base DN, Bind DN et le mot de passe de bind ; TLS (LDAPS/StartTLS) disponible.
Haute disponibilité (HA)#
La HA permet à deux appliances de se relayer. L'écran « Choisissez le mode de HA » propose deux modes distincts ; un assistant de détection de disque partagé compare les identifiants physiques (WWN/serial) des disques des deux nœuds et recommande le mode adapté.
Mode 1 — Stockage partagé#
- Pré-requis : un pool ZFS unique sur un LUN/SAN (iSCSI/FC) accessible aux deux nœuds, et un fencing (STONITH) en production.
- Pacemaker importe/exporte le pool sur le nœud actif ; les services SMB/NFS et la VIP sont gérés par le cluster.
- Bascule transparente, RPO nul : à la défaillance du nœud actif, les clients se reconnectent sur la même adresse virtuelle.
Mode 2 — Réplication (« Option A »)#
- Chaque appliance conserve son propre pool local ; une réplication ZFS asynchrone tient le passif en miroir lecture seule.
- Rôle local = Primaire ou Secondaire (miroir).
- Bascule manuelle via le bouton « Basculer (failover) » ; RPO = intervalle de réplication.
- Wizard « Assistant Réplication HA — Option A » (2 étapes : Pair & réplication → Récapitulatif & risques), avec deux acquittements obligatoires (RPO et split-brain). À la création d'un volume, le toggle « Répliquer vers le pair HA » l'inclut dans le miroir. Voir le guide de réplication et la section PRA ci-dessus.
Mise en place#
Pré-requis communs : deux appliances Caelum de même version et un mot de
passe hacluster commun. Depuis l'onglet Haute disponibilité (Système),
suivez l'assistant du mode choisi.
La détection automatique de disque partagé ne fonctionne que si le LUN expose un WWN/serial stable (disques purement virtuels non détectables). En mode stockage partagé, un fencing est requis en production. En mode réplication, la bascule est manuelle et le RPO dépend de l'intervalle.
Testez une bascule hors production avant de compter dessus. Vérifiez que les deux nœuds sont sur la même version et voient bien le stockage attendu.
Mises à jour, canaux et rollback#
Les deux canaux de mise à jour : stable et bêta#
Caelum propose deux canaux de mise à jour, réglables dans Système → Updates / Rollback :
- Stable (recommandé en production) : ne propose que les versions éprouvées. C'est le canal par défaut.
- Bêta (aperçu) : propose en avant-première les versions candidates, pour tester les nouveautés. À réserver à un environnement de test ou à un nœud non critique. Activez la case « Recevoir les versions bêta (aperçu) ».
La disponibilité d'une nouvelle version s'affiche selon le canal retenu
(indicateur Update → vX.Y.Z).
Une box déjà en version candidate (-rc) continue de recevoir les rc suivantes
même si la case bêta est décochée ; à l'inverse, une box stable ne se voit
jamais proposer de version bêta.
Mettre à jour#
Depuis Système → Updates / Rollback :
- Vérifiez la version disponible.
- Lancez la mise à jour en un clic (via le compte support) — ou
installez depuis un fichier pour un environnement air-gap (tarball
galilo-update-*.tar.gztéléversé dans l'interface). - Un snapshot de pré-update est posé automatiquement avant l'opération.
La mise à jour ne touche pas vos données ; elle met à jour le logiciel de l'appliance.
Revenir en arrière (rollback)#
Si une mise à jour pose problème, le snapshot de pré-update permet de revenir à l'état antérieur depuis l'onglet Updates / Rollback. Vous pouvez aussi télécharger un backup applicatif (configuration, politiques — sans les données utilisateur) pour archivage.
À chaque mise à jour majeure, prévoyez une fenêtre de maintenance et vérifiez le bon fonctionnement des partages après redémarrage.
Sécurité et maintenance courante#
- Durcissement : l'onglet Sécurité (Système) fournit un audit en lecture seule (mises à jour, ports, SSH, firewall…) et des actions de durcissement guidées (firewall, épinglage des ports NFS) qui préservent votre session SSH.
- Certificat TLS : remplacez le certificat auto-signé par un certificat de votre autorité, ou générez une demande de signature (CSR) — la clé privée ne quitte jamais l'appliance.
- Support bundle : en cas d'incident, générez un bundle de support (logs et état système, secrets masqués) à transmettre au support.
- Purge S3 : les objets dont la rétention est expirée sont purgés automatiquement chaque nuit ; une purge manuelle est aussi disponible (onglet Maintenance).
Pour aller plus loin#
- Comprendre les concepts : présentation produit.
- Écran par écran : guide d'administration.
- Résoudre un problème : dépannage et FAQ.